La porte du studio s’ouvre doucement et Eric apparaît l’air goguenard, sa longue silhouette se profile à contre-jour dans l’encadrement de la porte. Après quelques politesse d’usage, Eric m’invite d’une voix forte et claire à entrer. Je retrouve la chaleur de ce petit studio aménagé avec goût et dans lequel il est agréable de se retrouver, Eric et les copains. Une fille est assise sur le divan, brune, les yeux bleus, il émane d’elle un parfum agréable, citronné. J’ai un petit choc intérieur. « Assieds-toi Jeannot, je te présente Agnès. Vous ne vous connaissez pas, je crois, elle est en première année d’études pour devenir sage femme. ». La conversation roule bon train et les autres copains arrivent. Maintenant nous sommes au complet, on peut aller manger. Je détaille cette fille toute la soirée. Est-elle jolie, ne l’est-elle pas ? je la trouve surtout sexy. Oui elle est sensuelle. Elle doit aimer faire l’amour. Elle est toute seule parmi quatre garçons, gais lurons et elle n’a pas l’air trop intimidée. Juste un peu mal à l’aise.
« Vous savez qu’il y a une ‘’soirée médecine’’ au palais ‘’ Rameau’’, ce soir, voulez vous que l’on y aille ? »
« Vous voulez ?! «
« En route ! »
La musique bat son plein dans une ambiance de fête de la bière à Bruxelles ou à Munich. Les jeunes, chevelus, pull-over et jeans, dansent, traînent, s’enlacent, circulent,titubent. Un grouillement incroyable. Je perds les copains de vue, je les retrouve quelques fois au cours de mes errements dans le palais de la fête, mais je ne trouve pas dans cette foule une fille qui me plaise. Et puis soudain, je l’aperçois. Mais oui Agnès. Et puis elle n’a pas l’air d’avoir trouvé son prince charmant pour cette soirée.
Je l’invite
Elle sourit, un peu pincée, un peu dubitative. Je l’emmène au milieu des danseurs. Nous dansons des rocks jusqu’à l’épuisement, une heure durant. Nos mains se joignent se serrent, se quittent, nos corps, au rythme de la musique, se découvrent dans une chorégraphie que nous découvrons à chaque tempo. Nos regards se croisent et nous nous répondons par des sourires furtifs.
Un Slow.
Elle veut partir. Je la retiens. Elle hésite. Elle accepte de danser ce slow avec moi. Nos corps ne se touchent pas. Elle me tient à distance. Nous ne nous regardons pas saoulés de musique, de fatigue et de bière. La salle s’est déjà vidée et la soirée a déjà des allures de fin de fête. Mais qu’importe, nous sommes seuls, coupés du monde. Elle se rapproche et je sens le contact de ses formes. Ses seins s’appuient sur ma poitrine, ses mains décrivent des orbes sur mes épaules, lentement, imperceptiblement, ses doigts pressent le plein des mes bras. Je trésaille, étonné, surpris, ému. Je me recule un peu pour la regarder, comme dans un rêve. Ses cheveux décoiffés et ses yeux de petit animal perdu et fatigué m’émeuvent violemment. J’ai le choc artistique. Comme elle est belle. Je la désire alors violemment. Je l’embrasse sans attendre, nos lèvres se mêlent en mouvements voluptueux, sa langue cherche la mienne- Je chavire –et des dérives terribles m’assaillent de plus en plus sensuelles et passionnées. Nous nous perdons dans la musique lente et la série des slows.
Je décide de rentrer, il est tard. Elle récupère son manteau, je dis au revoir à Eric et aux copains qui sont encore là pour l’enterrement du bal. Je prends Agnès par l’épaule et l’emmène jusqu’à ma petite Austin, garée non loin du palais des fêtes. Dehors, il fait froid, un froid d’hiver. Dans une nuit sans lune, nous nous dépêchons de nous installer dans la voiture, frileusement. Nous ne prononçons aucune parole. Déjà notre long baiser nous prolonge dans des plaisirs que nous prolongeons à l’extrême. Oh elle est belle. J’aime la douceur de sa peau, la manière de m’embrasser, sa façon de s’abandonner à mes caresses. Les vitres de la voiture se sont recouvertes de buée. Plus personne ne peut nous voir de l’extérieur. Nous voilà seuls. Je caresse ses genoux, polis luisants, soyeux, sur lesquels mes mains descendent vers ses jambes gainées de bottes en cuir noir, brillantes, vernies, aux reflets métalliques. Je caresse ses cuisses, ses bas noirs. Le jeu de ses jambes, serrées, fait crisser le nylon des ses bas, électriques.
Déjà, il fait chaud dans la voiture, son manteau de fourrure est tombé, sa chemise s’est ouverte profondément laissant apparaître sa gorge blanche, satinée. Elle ferme les yeux, il n’y a plus qu’elle et moi. Sa tête est renversée en arrière, découvrant son visage d’une extrême beauté toute tournée vers le plaisir. Je découvre son cou où je passe de longs moments à sucer sa chair, à la boire . Elle soupire, émet de petites plaintes, me caresse la nuque, ses doigts filent dans mes cheveux comme des ondes de plaisir qui m’élèvent dans les hauteurs du nirvana . Je glisse une main sous sa chemise et découvre peu à peu sa poitrine. Elle ne fait rien, je la sens tendue. Elle attend, nerveuse.
Doucement, mes caresses remontent jusqu’à la pointe de seins, si fermes, protégés par un soutien-gorge. Je continue à me perdre dans ses lèvres, je garde les yeux fermés puis les ouvre à nouveau pour découvrir une partie d’elle, éclairée par la lampe du réverbère, tamisée par la buée des vitres. J’enlève son soutien-gorge : Oh, ses seins, je les sens là, sous mes doigts. Je les admire, du bout des doigts je les touche. Je pince la pointe, aiguë, précise de ses tétons. Des seins de déesse. Elle le sait. Elle participe à la cérémonie, au lever du voile. Elle en contrôle le protocole. Agnès me regarde faire, les yeux mi-clos, fière d’être là, contente, soumise et impériale à la fois. Je passe ainsi de longs moments à effleurer la peau si délicate de sa poitrine. Agnès se tord lascivement sous mes baisers, elle appuie de ses deux mains ma tête dans sa gorge et je l’embrasse et je l’embrasse. Elle se tend, se soulève, se cambre, se serre de plus en plus fort, m’incitant à prolonger mon étreinte . Un feu roulant m’habite et me consume.
Sa jupe s’est relevée à mi-cuisses. Agnès s’agite de plus en plus. Mes mains circulent sur tout son corps. Ses seins, son ventre nus. Ses cuisses découvertes, luisantes et gainées de ses bas nylons, noirs, sexy . Je passe et repasse entre ses cuisses, tendres, voluptueuses, qui se contractent à chacune de mes pressions, sensuellement, avec affectation, en contrôlant son émotion. Agnès déboutonne un à un les boutons de sa jupe, qui tombe de chaque coté, laissant apparaître ses bas et son slip. Elle continue, se soulève et en quelques mouvements brefs et précis décolle ses bas de ses cuisses pour les rabattre jusqu’au bord de ses bottes hautes, se rendant ainsi prisonnière, comme ligotée par les genoux. Irrésistiblement, mes mains pressent la chair ferme et tendre à la fois d’Agnès. Puis je glisse ma main sous son slip bleu, je sens sa toison, drue, animale. Agnès est traversée par une secousse, elle se cambre sur le fauteuil de la voiture, elle émet un long soupir et me griffe la main pour la retenir. »doucement »,soupire-t-elle suppliante. Je l’aide à faire glisser jusqu’aux genoux, son slip, fin, touchant, si mince . J’attends un moment puis continue l’embrasser. Elle demeure inquiète, tendue dans sa nudité insolite, éclairée par la lumière tamisée des lampes de la rue. Je l’admire, je la vénère, je la couvre de baisers, effleurant les poils de son pubis, puis main se fait plus précise, je cherche ses chairs humides, fines, exquises qui se donnent, dernier bastion de résistance. Agnès ne geint plus, elle a le souffle coupé, pendue à chacun de mes gestes, nous faisons une œuvre d’art à deux. Je trouve le petit bouton de chair qui la fait mourir de plaintes lascives. Quelques pas dans la rue se rapprochent de la voiture, nous coupons notre souffle pour laisser passer les derniers survivants de la fête. Le feu est dans nos têtes. Nos sens sont exacerbés à l’extrême. Soudain je trouve son sexe,un doigt puis deux puis trois viennent se substituer à une verge. Agnès exulte. Ma main s’anime d’un rythme qui la rend folle, elle est déjà à demi inconsciente. Je passe ainsi de très longs moments. Puis, délicatement, je la recouvre de son manteau de fourrure. Agnès retrouve peu à peu ses esprits. Mon âme, vague, toute éberluée de plaisir,flotte dans le silence de cette nuit.
Après qu’elle se soit revêtue, je l’ai reconduite chez elle sans que n’échangions un seul mot.
« on se revoit demain à 20H, chez toi. »
Je l’embrasse longuement. Elle s’emmitoufle dans son manteau pour ne pas laisser s ‘échapper dans le froid de l’extérieur, ses sensations des derniers instants.